Antisémitisme

L’hostilité à l’égard des personnes juives s’exprime par une attitude de rejet envers les personnes qui se déclarent juives ou qui sont perçues comme telles. La notion d’antisémitisme est employée de nos jours comme terme générique et parfois comme un synonyme pour toutes les formes d’attitudes et d’opinions anti-juives. L’antisémitisme représente un phénomène spécifique au sein du racisme car, se fondant sur une appartenance religieuse (caractéristique propre à l’hostilité à l’égard des Juifs, à l’antijudaïsme), il vise une appartenance ethnique (caractéristique propre à l’antisémitisme).

L’antisémitisme repose sur une vision du monde (idéologie) opposant Nous et les Autres, qui trouve son expression dans des discours conspirationnistes et se caractérise par des images déformées et des stéréotypes négatifs du « Juif » qui se sont développés au cours de l’histoire : les « Juifs » sont représentés comme un collectif (avide de pouvoir, vindicatif, sanguinaire, amoral) qui complote pour nuire à l’humanité, voire pour la dominer, et qui reste étranger et nuisible à la société dans laquelle ils vivent.

L’antisémitisme se manifeste par des convictions hostiles, des préjugés ou des stéréotypes qui se manifestent – de manière explicite ou latente – dans la culture, la société ou par des actes individuels, et qui ont pour but d’offenser, de dénigrer, d’exclure ou de discriminer des personnes ou institutions juives, ou même de les considérer comme fondamentalement « autres ».

L’antisémitisme comprend :

– les infractions à motivation raciste (hate crimes), telles que les atteintes à l’intégrité physique ou à la propriété de personnes ou d’institutions juives,
– les expressions orales ou écrites, comme la diffusion de visions antisémites du monde, l’incitation à la violence, à la haine ou à la discrimination (hate speech),
– la discrimination directe, indirecte ou structurelle,
– la négation, la banalisation et la justification de l’Holocauste / Shoah (ces éléments apparaissent souvent dans le contexte de discours conspirationnistes et insinuent, explicitement ou implicitement, que la communauté juive chercherait à tirer profit du génocide prétendument inventé, ou même qu’elle justifierait le national-socialisme).

Les références à des personnes ou à des organisations juives peuvent être déguisées dans des déclarations anti-juives ou judéophobes par l’emploi de termes qui véhiculent de vieux stéréotypes anti-juifs, tels que « Rothschild » et « oligarchie financière », ou par les désignations « sionistes » et « Israël ». Dans de tels cas, le contexte de telles déclarations est crucial pour déterminer s’il s’agit d’antisémitisme.

Les mesures prises par l’État contre l’antisémitisme ne sont pas axées sur la protection de la religion en tant que telle, mais sur la protection des personnes.

Cette définition est basée sur les traveaux du Service de lutte contre le racisme (SLR). Elle précise et élargit la définition opérationnelle de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA).

Début de la pageDernière mise à jour: 21.06.2021